Petite histoire du stickers

Les stickers, produits de communication récents

La petite histoire des autocollants

Les stickers, en français nous préférerons le mot autocollants, naissent au début des années 1960. A cette époque, assez proche, l'industrie papetière s'offre les capacités techniques de fabriquer à moindre coût des supports auto-adhésifs modernes, efficaces et disponibles en masse. Par conséquent, les autocollants prennent rapidement le pas, avec le concours de l'industrie d'impression et ses moyens de diffusion, sur les bonnes vieilles décalcomanies. Celles-ci sont plus difficile à imprimer et à personnaliser que les supports papiers utilisés pour la réalisation des autocollants nouvellement arrivés sur le marché.

Leurs utilisations en masse comme supports publicitaires et de communications commence au début des années 70. Les spécialistes de la communication entrevoient à ce moment là, toutes les possibilités d'utilisation des autocollants et diffusent auprès des entreprises les avantages économiques de tels produits adhésif (Entre autre : facilité de production, ludique, accès aux jeunes comme aux anciens, objet publicitaire peu onéreux, vecteur de communication simple et efficace…).

Les stickers d'associations militantes ou partisanes apparaissent peu à peu au début des années 1980 comme moyen alternatif et pas cher de communiquer son point de vue, son opinion, par l'entremise de slogan très cours (à l'instar de l'affichage traditionnel). Cette pratique en dehors des lois, est en plein essor depuis les années 1990, grâce notamment au prix de fabrication très bas et au collage rapide et aisé d'un sticker, de manière relativement discrète, n'importe ou, souvent sur le mobilier urbain, au grand dam des autorités en charge de leur préservation.

Le stickers participe ainsi à l'évolution culturelle de masse

A la même époque, et pour les męmes raisons que les mouvement politisés, les artistes déploient leur force créatrice par l'intermédiaire du stickers, en pleine rue, à la vue de tous. Ils participent ainsi à l'évolution culturelle de masse. Cette nouvelle tendance s'inscrit dans le mouvement pop du street art, en compagnie des tags et peintures de rue, de plus en plus sophistiqués et maitrisés par une population d'artistes indépendants parfois révolutionnaires.

Dans un registre différent, à partir des années 70, la production en masse de stickers, paradoxalement devenue ultra personnalisée, engendre un phénomène de collection d'autocollants à grande échelle et dans tous les milieux sociaux. Cette pratique, courante, accessible à tous financièrement, est appelée la "stickophilie", et se rapproche des tendances fétichistes théorisées par Marx et Freud.

Plus tard, au tournant consumériste globalisé des années 2000, le stickers devient un outil de décoration d'intérieur pour tous . Ce succès indéniable, vue le nombre de site de vente de stickers muraux présent sur le web, devient sans conteste un phénomène de société. Cette mode est toujours aussi vive et la vente de stickers d'intérieur est toujours en pleine expansion aujourd'hui.

Les stickers c'est comme les frites ou le chocolat, ça plait à tout le monde

Nous avons vu que l'autocollant est un produit bien à part dans le bestiaire des outils de communication imprimés. Il plait à tout le monde, du plus jeune au plus ancien, aux femmes comme aux hommes.

Qui n'aime pas détacher un stickers de sa partie non adhésive, le coller quelque part, n'importe ou, avec ou sans délicatesse. Ce type de support économique laisse une trace, personnelle ou collective, car il tient partout, même dans le temps. Il y a une réel satisfaction, sensuelle et narcissique dans le rituel du collage d'un autocollant. C'est un plaisir d'abord solitaire. On ôte le stickers de sa partie détachable, ça glisse tendrement, c'est doux, c'est calme, une banale petite jouissance. Puis cette petite histoire devient conviviale, le plaisir d'un instant devenant soudain partage, on colle le stickers quelque part, on montre l'iconographie, un texte, son slogan, sa rage, une envie…peu importe.

Le stickers c'est petit, ça ne prend pas de place, c'est facile à manipuler, facile à coller, pas cher, échangeable et "collectionnable". On le donne facilement contre un sourire, un remerciement, une poignée de main, un check, un clin d'oeil. Ceci explique aussi, et peut être, l'engouement universel pour ce petit objet si anodin de prime abord.

L'Avenir du sticker

Ainsi va le progrès

Voyons les choses comme elles le sont, le produit imprimé en tant qu'outil de communication à moins la cote. Internet est passé par là. Bulldozer ravageant les montagnes d'habitudes. Il a placé devant la porte du musée, ce qui faisait la gloire de l'intelligence humaine dans sa capacité à communiquer les concepts : l'imprimerie.

Soyons optimistes, il n'y a pas qu'internet dans la vie…enfin presque

La radio a t'elle disparue quand la télévision est apparu ? Non ! Le Théâtre a t'il sombré dans l'oubli, quand les frères Lumière ont pour la première fois déroulé sur un écran de toile blanche, l'histoire d'un train de fumée arrivant en gare à la vitesse de 18 images par secondes ? La réponse est encore non ! Internet ne sonnera pas le glas de l'imprimerie et ses dérivés. Le web prend une place omnipotente dans le grand dédale des médias, c'est un truisme. L'imprimerie, dans ce combat inégale, sonnée par les coups répétés du triple w, se ré-invente et résiste vaillamment. Imprimer, finalement, c'est résister, et le stickers en tant que tel est une arme de la résistance.

Dans 100 ans, il y aura encore des hommes et des femmes pour tenir un livre en main, coller un stickers personnalisé sur un éclairage publique, sa voiture, une vitrine, consulter un catalogue d'objet de collection, ouvrir un carnet de note, lire l'étiquette d'une bonne bouteille de vin. Je ne me persuade pas aveuglement, puisque c'est une évidence anthropologique, l'homme et la femme aiment la diversité et les champs des possibles. L'imprimé reste une possibilité de communiquer autrement et concrètement. Il devient un média parmi tant d'autres, lui qui autrefois était le roi absolu de la communication.

Et puis, qu'est ce qu'un JPEG peut offrir de plus sensuel qu'un rectangle de papier, vieille histoire végétale aux parfums des tanins naturels, pressé dans une imprimerie animée par les hommes et les femmes passionné-e-s par la construction de leurs vies ?

Le sticker est une invention récente, il reste un objet séduisant

Ce petit bout d'adhésif, que nous savons maintenant universellement apprécié pour sa simplicité a le vent en poupe. La croissance de la demande mondiale en stickers, toutes utilisations comprises, est de 5% par an. Inutile d'épiloguer durant des heures, ce chiffre résume tout. Si il y a bien un produit imprimé qui se porte bien, c'est ce fichu autocollant personnalisé. D'ailleurs, si vous avez le courage, comptez le nombre de e.commerce qui proposent la personnalisation et l'impression des stickers sur le web. C'est bien connu, quand il y a concurrence sur un secteur d'activité, c'est qu'il se porte bien…

…et merci pour lui, le sticker se porte à merveille.

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