L'entreprise

Êtes-vous un artisan, un industriel, un simple revendeur ou un grossiste ?

Stéphane : Je suis un peu tout ça. Mais avant tout un artisan, car je travaille de manière empirique : j'apprends chaque jour à manier des processus que j'ai moi-même mis en place. Je suis un bricoleur, avec un savoir-faire qui ne me permet pas de faire toutes les optimisations sur lesquelles peut travailler un industriel. Malgré tout, j'ai mis en place dans mon entreprise un processus que je pourrais qualifier de "semi industriel" : nous pouvons travailler sur les mêmes formats, les mêmes papiers, nous avons standardisé de nombreuses phases de la fabrication pour parvenir à une qualité excellente, en échappant aux lourdeurs industrielles. Je ne suis pas un industriel, mais j'ai utilisé le concept d'industrialisation, que je trouve passionnant.

L'industrialisation est critiquable, pour plein de raisons, mais certains aspects nous ont malgré tout permis des progrès fulgurants dans d'innombrables domaines.

Avec qui travaillez-vous ? Quels sont leurs rôles au sein de l'imprimerie ?

Stéphane : En interne, il s'agit bien entendu d'une entreprise familiale : je travaille avec ma femme Manuella et mon neveu William (le fils de mon frère, qui lui-même était imprimeur, avant de devenir tatoueur). Manuella s'occupe de la partie administrative et logistique, elle met également la main à la pâte à l'atelier lorsqu'il y a des urgences ou des retards. William, quant à lui, s'occupe des machines à impression numérique, et d'une bonne partie des aspects graphiques et informatiques du métier.

Pour la partie web, je travaille avec un ami de longue date, Philippe, qui a codé le site à partir de zéro pour parvenir à quelque chose de sur mesure, parfaitement adapté aux processus que j'ai créés.

Enfin, pour certains travaux bien spécifiques, nous faisons parfois appel à des façonniers : découpes particulières, pelliculage, reliure, dorure à chaud... Nous tendons cependant à faire nous-même un maximum de choses, afin de maîtriser le mieux possible les coûts et surtout les délais.

Les stickers, les autocollants, les étiquettes, les adhésifs... Que fabriquez-vous exactement ?

Stéphane : J'aurais bien aimé fabriquer des livres, plus que ce que j'ai pu faire dans ma carrière, mais ça ne s'est pas fait. Avec les stickers, j'ai trouvé mon truc ! On les appelle comme on veut, beaucoup leurs donnent des noms ronflants et différents pour faire plaisir aux moteurs de recherche, mais tout ça c'est un peu la même chose. Ce que j'aime dans l'autocollant, c'est la partie détachable : le fait de retirer ce petit morceau de papier protecteur pour mettre à nu la partie collante est une sensation très amusante, presque enfantine. C'est très satisfaisant !

Ce que je ne fabrique pas en revanche, ce sont des étiquettes en bobine, sur des rouleaux : c'est un métier bien à part (on utilise des machines rotatives en continu), une autre façon de travailler que nous n'avons pas. Même si c'est un procédé de fabrication que je trouve intéressant, je refuse de vendre ce que je ne fabrique pas moi-même, j'y tiens beaucoup.

Pourquoi avoir choisi les stickers personnalisés ?

Stéphane : Il y a 20 ans, presque au début de mon installation, nous nous sommes retrouvés à fabriquer des planches de stickers pour des associations militantes : tous les ans, nous avions des groupements de commandes. L'autocollant est un produit qui a très peu changé au fil du temps, et pour une utilisation tout à fait polymorphe.

En 2008, j'ai rencontré le responsable d'Akoufen, une société créatrice de sites internet basée sur Angers. Il avait créé en 2004 un site de vente en ligne du nom de stickers-discount.com, et avait un problème de qualité avec son imprimeur (il était revendeur, et ne fabriquait pas lui-même ses stickers). Nous avons convenu d'une proposition commerciale sur les produits qu'il revendait, et avons ainsi noué un partenariat qui a duré près de 10 ans. J'ai pu lui proposer de nombreux développements techniques, qu'il mettait à profit commercialement, ce qui nous a été mutuellement profitable. C'est finalement un concours de circonstances qui nous a permis de miser sur cette activité.

En 2019, nous avons proposé à Akoufen de reprendre la partie commerciale à notre compte, et avons depuis la maîtrise de toutes les étapes (ou presque) de notre métier.

Propos recueillis et mis en forme par Camille Leclerc
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